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Formation et nouvelles missions : les facteurs-clés de succès

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Vos instances vous le rappellent à longueur d’année, à grands renforts de conférences, d’emailings et de publications : FORMEZ-VOUS !

Face à l’automatisation d’un certain nombre de missions, à la loi Pacte, aux évolutions technologiques, la formation serait la seule voie de salut pour se développer. Dont acte. Mais concrètement, par où commencer ? Comment entreprendre une formation quand la charge de travail est déjà colossale ? Et ensuite, comment transformer ces nouvelles compétences en nouvelles missions ?

Réponse en quatre temps grâce aux témoignages de consœurs et confrères qui ont déjà sauté le pas.

Avoir envie de nouveaux challenges

Malgré des parcours et des profils très différents, les quatre professionnels que nous avons interviewés pour cet article avaient tous la même envie : renouer avec le plaisir de leur métier, se recentrer sur ce qui les faisait vraiment vibrer. « Entre l’automatisation des processus et les contraintes administratives de plus en plus lourdes, le métier traditionnel d’expert-comptable a beaucoup perdu de son intérêt », affirme Catherine Meuriot, diplômée de l’Executive Master Evaluation, Financement et Transmission de Dauphine. « L’administration nous laisse peu de marge de manœuvre dans la possibilité d’optimiser les résultats fiscaux des entreprises, le travail de conseil à ce niveau perd de son intérêt. » « A contrario, complète Christiane Aurore Rousseau, diplômée du Master de Dauphine elle-aussi, on subit de plus en plus de pression, il y a toujours plus de formulaires à remplir, de délais à respecter ». « J’en avais assez, de courir après le temps, achève Frédéric Calmeau qui a suivi le parcours DAF externalisé, de faire les bilans à la chaîne, de n’avoir jamais assez de temps à consacrer à mes clients. »

Face à ce constat un peu amer donc, surtout après 8 ans d’études, tous ont envisagé la formation comme une évidence : « Pour sortir de cette routine, être de nouveau en mesure d’apporter une valeur ajoutée à mes clients et proposer de nouvelles missions, il fallait que je me spécialise et donc que je me forme, explique Christiane Aurore Rousseau. Suivre l’Executive Master de Dauphine m’a permis de prendre de la hauteur et de faire l’inventaire de toutes les missions que je pourrais proposer. » Frédéric Calmeau, lui, avait déjà commencé à accompagner certains clients sur des missions à haute valeur ajoutée. Suivre le parcours DAF externalisé lui a permis de compléter et d’élargir ses compétences, et l’a conforté dans son idée de développer ce type de missions. Quant à Anthony Guez, le parcours DAF Externalisé, démarré alors qu’il était encore salarié dans un cabinet, lui a donné confiance pour créer son propre cabinet dédié aux missions de DAF externalisée.

Dès le début de la formation, l’enthousiasme est au rendez-vous. « On apprend beaucoup. La formation nous aide à changer de posture et de discours par rapport au client, à développer une vision beaucoup plus globale, à 360°. C’est intense, mais très stimulant intellectuellement, on en tire une grande fierté », affirme Catherine Meuriot. Même son de cloche pour les participants du parcours DAF externalisé : « on apprend à passer d’une logique comptable à une logique financière. Il faut accepter de se remettre en question, mais c’est très enrichissant. Notre double regard, comptable et financier, nous permet d’avoir plus de répondant face à des banques, des fonds d’investissement, on se sent mieux armé », complète Frédéric Calmeau.

Libérer du temps

Des pauses-déjeuner à réviser, des soirées à travailler sur un cas pratique… : comme on peut l’imaginer, s’engager dans une formation – surtout si elle est certifiante – prend du temps et demande quelques sacrifices. Mais avec un peu d’anticipation et d’organisation, cela reste tout à fait faisable. Comme le souligne Anthony Guez, « les dates des journées de formation sont en général connues dès l’inscription, il est donc possible de les bloquer très tôt dans son agenda ».

Cela peut aussi être le moment de déléguer certaines tâches, de faire monter en compétences vos collaborateurs pour vous soulager et libérer du temps. « Encouragée par la formation, j’ai fait évoluer deux de mes collaboratrices, qui étaient respectivement secrétaire et opératrice de saisie. Elles sont aujourd’hui toutes les deux collaboratrices comptables », raconte Catherine Meuriot.

Autre option, plus radicale, celle choisie par Frédéric Calmeau : « Je savais que je voulais développer de nouvelles missions, mais je n’arrivais pas à le faire tout en faisant tourner mon cabinet de 12 collaborateurs. J’ai donc pris la décision de vendre d’abord mon cabinet, puis d’entreprendre une formation. Je savais que ce choix serait gagnant, que la formation me permettrait rapidement ensuite de vendre des missions à haute valeur ajoutée. » Même constat pour Christiane Aurore Rousseau qui, diplômée depuis avril 2021, a trouvé un acquéreur pour reprendre son cabinet de 3 collaborateurs : « Je veux vraiment pouvoir me consacrer au développement de nouvelles missions, cela me semble difficilement conciliable avec mon activité traditionnelle de tenue de comptes, de surveillance et de commissariat. »

Bien choisir sa formation

Quand on souhaite développer de nouvelles missions, bien choisir sa formation peut aussi être décisif. Christiane Aurore Rousseau résume son raisonnement en une phrase : « quitte à engager du temps et de l’énergie pour une formation, c’était essentiel pour moi de choisir une valeur sûre ». C’est aussi le « tampon » d’une grande école qui a décidé Frédéric Calmeau pour le parcours DAF externalisé : « Afficher sur son CV et son profil LinkedIn le logo d’HEC a bien sûr un effet immédiat pour rassurer les clients ».

« Dans ce type de formation, complète Catherine Meuriot, on propose des contenus de qualité, dispensés par des enseignants de haut niveau, en prise avec la réalité directe du terrain. Le travail fait avec eux sur les cas pratiques est vraiment fondamental pour intégrer les notions et développer notre savoir-faire, on apprend deux fois plus qu’en lisant un livre ou en assistant à des conférences ». « En plus d’être un excellent pédagogue, s’enthousiasme à son tour Anthony Guez, Patrick Le-gland, qui pilote et assure une partie des cours du parcours DAF externalisé, est un professionnel aguerri, qui a été confronté aux problématiques qu’il traite. Il maîtrise parfaitement son sujet. » « D’ailleurs, ajoute-t-il, il est aussi très bénéfique de s’engager dans une formation développée spécifiquement pour les experts-comptables : on a tous les mêmes bases et les mêmes compétences à développer, on progresse donc ensemble plus rapidement. »

Communiquer

Développer son savoir-faire, c’est bien, mais encore faut-il, aussi, le faire savoir. Il faut donc prendre le temps d’informer ses clients de son nouveau champ de compétences. « C’est d’autant plus important, affirme Anthony Guez, que pour certaines missions de conseil, les clients n’ont pas encore le réflexe expert-comptable : ils ne savent pas que nous pouvons les accompagner sur de la direction financière par exemple ou bien sur des levées de fond. » Les professionnels qui souhaitent développer de nouvelles missions ont donc aussi un travail d’évangélisation à faire, auprès de leurs clients, comme de leurs prospects. « Dès que j’ai créé mon cabinet, il m’a semblé essentiel d’investir dans une stratégie de marketing digital. En plus de mon site Internet, je rédige régulièrement des articles, que je partage ensuite sur LinkedIn ; c’est autant utile pour le référencement naturel que pour faire valoir mon expertise. »

Mais communiquer, c’est aussi cultiver son réseau. « Les confrères et consœurs, les avocats, les notaires… représentent un vivier de prescripteurs important quand on souhaite proposer des missions à haute valeur ajoutée« , affirme Christiane Aurore Rousseau. Entretenir des liens, développer l’interprofessionnalité fait donc assurément partie des stratégies gagnantes. Et justement, pour cela, les formations sont un atout précieux : « Au sein de notre promotion du Parcours DAF externalisé, nous avons créé un groupe WhatsApp, qui nous permet aussi bien d’échanger sur des sujets techniques, des problématiques auxquelles nous pouvons être confrontées, que de partager des moments conviviaux », explique Anthony Guez. « Partager l’expérience de cette formation, et notamment le challenge des examens finaux, a vraiment créé un lien entre les membres de ma promotion. Nous resterons en contact et nous pourrons demain collaborer sur des missions, ou nous adresser des clients, selon les territoires de compétences de chacun. »

Se former : l'art de transformer une menace en opportunité

Au final, cela ne fait pas de doute, aucun de nos 4 témoins ne regrette le temps et le budget investi dans sa formation. Il leur fallait de toute façon sortir d’une situation dont ils ne voulaient plus, « reprendre le contrôle » d’une vie professionnelle qu’ils avaient de plus en plus l’impression de subir. Si la motivation intrinsèque est bien sûr un indispensable prérequis (pas juste la peur ou l’injonction des institutions), il faut aussi savoir faire des choix courageux, lâcher ce qui est inconfortable mais qu’on connaît bien, pour libérer du temps et développer un nouveau type de missions. Mais le jeu en vaut la chandelle : des missions beaucoup plus intéressantes intellectuellement et un vrai changement de posture par rapport au client. « En tant que DAF externalisé, je me positionne vraiment comme le partenaire des dirigeants d’entreprise, leur bras droit au service de leur stratégie et de leur développement », explique Anthony Guez. « C’est beaucoup plus valorisant, confirme Catherine Meuriot. On crée une relation de confiance dans la durée. Grâce à la vision d’ensemble que nous avons de l’entreprise, tant au niveau comptable, financier, patrimonial, stratégique, les dirigeants prennent l’habitude de nous consulter à chaque étape importante de la vie de leur entreprise. » Christiane Aurore Rousseau pourra aussi intervenir en tant qu’experte auprès des tribunaux de commerce, par exemple dans le cas de litiges entre associés. « Intervenir de façon ponctuelle sur ce type de missions, comme dans des levées de fonds, des évaluations…, permet de se sentir vraiment utile. »

Cela va sans dire, les missions de conseil à haute valeur ajoutée sont aussi beaucoup plus rentables. C’est aussi ce calcul qui a motivé Anthony Guez quand il a créé son cabinet : « en mission de DAF externalisé, les missions sont récurrentes, ce qui permet d’avoir une rentabilité avec beaucoup moins de clients qu’en mission classique de tenue de comptes. » Comme le résume Frédéric Calmeau, qui a créé un cabinet spécialisé dans l’optimisation du statut des dirigeants, « notre intervention permet souvent aux entreprises d’économiser beaucoup d’argent, nos honoraires semblent donc plus faciles à justifier. »

Des missions plus intéressantes, plus durables, plus rentables… qu’attendez-vous donc pour vous lancer ?

4 témoins : 4 parcours différents pour développer de nouvelles missions

Frédéric Calmeau

Frédéric Calmeau

Il a fait le choix de vendre son cabinet d’expertise comptable composé de 25 salariés pour se consacrer au développement de nouvelles missions. Après avoir suivi le parcours DAF externalisé en 2019, il a créé le cabinet Sereneasy, spécialisé dans l’accompagnement du dirigeant. Il a également racheté un cabinet spécialisé dans l’audit et l’accompagnement de collectivités.

Anthony Guez

Anthony Guez

Après avoir suivi le parcours DAF externalisé en 2019, il a créé le cabinet de conseil financier opérationnel et de direction financière externalisée Mindset Finance. Il cherche aujourd’hui à recruter des collaborateurs pour renforcer ses équipes (À bon entendeur…)

Catherine Meuriot

Catherine Meuriot

Directrice de l’agence parisienne du cabinet INELYS (12 collaborateurs à Paris). Diplômée de l’Executive Master Evaluation, Financement et Transmission d’entreprise de Dauphine suivi en 2019–21, avec l’idée de développer, au sein du cabinet INELYS, une nouvelle branche d’activités.

Christiane Aurore Rousseau

Christiane Aurore Rousseau

À la tête du cabinet Aurore Finance Expertise (3 collaborateurs), elle a été diplômée de l’Executive Master au printemps 2021. Elle a vendu son cabinet pour se concentrer désormais sur les missions à haute valeur ajoutée.

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