Francilien_090 - page 5

client, sous toutes ses formes, doit devenir un objectif prio-
ritaire. C’est notamment pour cela que nous avons créé cap
performance il y a maintenant plus de 3 ans, véritable outil
de transformation des cabinets.
C’est enfin pour cela que notre ordonnance a été profon-
dément réformée en 2010 puis en 2015 avec la loi Macron,
pour mieux adapter notre périmètre d’activité à ces pers-
pectives de croissance. Activités commerciales à titre acces-
soire, maniement de fonds, intermédiation, représentation
du client, fiscal, administratif et social à titre principal avec
également comme accessoire l’accompagnement juridique.
Ce sont des avancées essentielles qui peu à peu deviendront
concrètes pour les cabinets aujourd’hui trop centrés sur la
seule mission comptable.
Bouger les lignes ? Cette interrogation n’est pas propre à
notre profession. Nous le savons, c’est à l’heure actuelle
l’ensemble de notre société qui cherche un nouveau modèle,
un nouveau point d’équilibre. Il semble que nous soyons
aujourd’hui à l’entame de cette mue, le droit devant plus
profondément s’adapter à cette nouvelle réalité. Il ne peut
plus s’agir de simples ajustements.
Prenons par exemple le sujet du droit du travail. Le rapport Combrexelle récemment
remis au premier ministre fait écho aux propos de Robert Badinter : il faut simplifier,
changer de paradigme.
Le code du travail doit garantir les grands principes sur lesquels on ne saurait transiger.
Les conventions et accords collectifs doivent, quant à eux, définir les conditions de travail
propres à chaque entité économique. C’est une vraie révolution culturelle qui nous est
proposée. Elle est sans nulle doute nécessaire tant le poids d’une réglementation tatillonne
freine de manière dramatique l’adaptation de nos entreprises à cette nouvelle réalité. Le
monde du travail n’est plus celui ultra cadencé de la production à la chaine, avec pour
seule unité de mesure : le temps !
La profession qui tient une grande place dans le cadre des relations sociales au sein de l’entre-
prise devra pouvoir apporter son regard expert sur cette nouvelle donne (
new deal
) qui se profile.
Mais la profession doit également être vigilante pour elle-même. Bien sûr de grandes
mutations sont en cours. Bien sûr elles sont irrésistibles de telle manière que nous devons
les anticiper. Mais nous ne devons pas y perdre notre identité. Notre ADN, c’est la
confiance, celle que procure l’observation scrupuleuse de nos règles d’éthique : science,
conscience et indépendance. C’est la garantie que nous devons à nos clients, à l’économie.
Ces règles nous devons mieux les partager avec notre environnement. Pour ce faire, nous
devons ouvrir nos commissions aux représentants de nos clients, à des experts, qu’ils soient
économistes, déontologues ou philosophes. C’est ce qui permettra d’accroître encore un
peu plus notre crédibilité.
À partir de la fin du mois d’octobre, nous viendrons à votre rencontre avec les « franci-
liennes », pour développer ces points, en particulier s’agissant de la loi Macron et l’évo-
lution de notre réglementation.
Enfin, je voulais partager avec vous une pensée émue et empreinte d'une immense grati-
tude pour notre confrère Gérard Ranchon disparu cet été, un modèle de volonté, d'éner-
gie et de dévouement. Un homme qui a su faire bouger les lignes autour de nos valeurs.
PAR
STÉPHANE COHEN
PRÉSIDENT DE L'ORDRE DES EXPERTS-COMPTABLES RÉGION PARIS ÎLE-DE-FRANCE
«
Nos missions doivent
davantage s’orienter vers
le conseil personnalisé,
le coaching du chef
d’entreprise, la recherche
de financement...
»
LE FRANCILIEN
ÉDITO
5
1,2,3,4 6,7,8,9,10,11,12,13,14,15,...60
Powered by FlippingBook